Abstract
Cet article analyse l’interprétation d’Antonio Gramsci proposée par André Tosel, en se concentrant sur la notion de catharsis comme catégorie centrale de la philosophie de la praxis. Face aux paradigmes poststructuralistes et postmodernes qui rejettent la dialectique et les sujets politiques collectifs, Tosel réactive la pensée gramscienne comme outil critique pour comprendre les sociétés néolibérales contemporaines. La catharsis est ainsi conçue comme le processus dialectique par lequel les groupes sociaux passent du moment économico-corporatif au moment éthico-politique, transformant la nécessité en liberté et les intérêts particuliers en volonté politique universelle. Dans cette perspective, l’article met en évidence l’actualité de la pensée dialectique et de l’unité entre théorie et praxis, en soulignant le rôle de la catharsis dans la formation de l’hégémonie et de la subjectivité collective. La lecture de Tosel permet ainsi à la fois de renouveler l’étude de Gramsci dans le contexte français et de proposer un cadre théorique pour analyser les rapports de force contemporains, les luttes de classe et les processus de dépolitisation.

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