Abstract
La divination a une place centrale dans la vie et la pensée de l’empereur Julien, qui s’explique à la fois par des pratiques impériales et par sa proximité avec les idées néoplatoniciennes de Jamblique, pour qui le recours aux sacrifices et à la divination favorise l’union avec le divin. Mais, la mantique joue aussi un rôle majeur dans son Contre les Galiléens. Admirateur des Chaldéens et de leur théurgie, Julien dépeint Abraham comme un théurge et un expert dans l’art des pratiques divinatoires, en le prouvant par plusieurs épisodes bibliques de la vie du patriarche : l’observation des étoiles (Genèse 15, 5), la prise des auspices (Genèse 15, 7-11) et l’interprétation des signes par son intendant (Genèse 24). Julien érige ainsi Abraham en alter ego pour légitimer ses propres pratiques rituelles et divinatoires. Cette instrumentalisation polémique vise à affirmer la continuité entre judaïsme et hellénisme, tout en rejetant les revendications chrétiennes à l’héritage abrahamique. Elle lui permet aussi de s’opposer à l’interprétation chrétienne de la foi d’Abraham, telle que formulée par l’apôtre Paul. Pour Julien, la foi consiste dans les preuves tangibles envoyées par Dieu et ne peut se réduire à une simple confiance dans la parole divine, contrairement à ce que soutient par exemple Clément d’Alexandrie.

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